Pourquoi l'enquête ?

L’objectif principal de l’enquête est de documenter et mesurer les discriminations et l’expérience des rapports sociaux de genre, classe, « race », orientation sexuelle, handicap / santé et opinions politiques et appartenances syndicales, qui sont parmi les principaux critères de discrimination reconnus dans le droit français. L’enquête repose sur l’hypothèse que cette expérience varie selon les disciplines académiques, les statuts et degrés de précarité des personnes concernées (étudiant.e.s et personnels), le niveau d’études, les rapports hiérarchiques, les établissements (climats de travail, politiques, organisations).

Par ailleurs, le projet d’enquête bénéficie des apports méthodologiques d’une série de travaux importants qui ont déjà traité de ces questions dans divers secteurs de la société française (TeO, VIRAGE-Universités, ARDIS, ONVE, etc.). Ces travaux ont notamment démontré l’importance d’affiner la saisie des caractéristiques sociales, origines sociales et régionales, identités de genre, etc., statistiquement corrélées aux expériences de traitements inégalitaires. Un autre enseignement issu de ces enquêtes est que le phénomène discriminatoire est d’autant mieux saisi que les approches sont multipliées et que les questions s’attachent aux critères objectifs et aux expériences subjectives (la conscientisation des rapports sociaux étant variable, il sera nécessaire de croiser ces informations).

Le volet principal d’enquête que constitue le questionnaire en ligne (envoi d'un lien personnalisé dans votre boîte email) sera complété par une série d’entretiens semi-directifs auprès de répondants volontaires (se signalant via le questionnaire) en vue d’approfondir certains aspects et situations concrètes qui apparaissent comme des angles morts des analyses statistiques.

En articulant les différents rapports sociaux – classisme, sexisme, racisme, LGBT-phobies, validisme, notamment –, il s’agit non seulement de produire une connaissance prenant en compte les logiques dites « intersectionnelles », soit l’imbrication des rapports sociaux, mais aussi de favoriser une meilleure articulation des politiques d’établissements sur ces différents critères, sans réduction, particularisation ou hiérarchisation entre des questions toutes également importantes.

Mis à jour le 01 octobre 2020